Et si votre loisir devenait une source de revenus ? Vente d’objets, artisanat, art, soutien scolaire, coaching… Le statut de micro-entrepreneur permet de développer une activité secondaire simplement, avec un cadre légal allégé. Salarié, fonctionnaire, retraité ou profession libérale : voici l’essentiel à savoir avant de vous lancer.
Un statut souple pour tester son idée
La micro-entreprise offre la possibilité de monétiser un talent sans créer une structure complexe. Formalités simplifiées, comptabilité allégée, charges proportionnelles au chiffre d’affaires : le dispositif est particulièrement adapté aux personnes qui souhaitent générer un revenu complémentaire.
Comme le souligne Philippe Coy, président de la commission commerce à la CPME, ce statut permet de tester la viabilité d’un projet à moyen et long terme, sans prendre de risques excessifs.
Salarié, fonctionnaire, libéral : quelles règles respecter ?
✔ Si vous êtes salarié
- Vérifiez l’existence d’une clause d’exclusivité dans votre contrat.
- Assurez-vous que votre activité secondaire ne concurrence pas votre employeur.
- Demandez une autorisation écrite à votre direction ou aux ressources humaines.
- Respectez les éventuelles clauses de confidentialité.
Si les domaines sont éloignés, les risques sont généralement limités.
✔ Si vous êtes fonctionnaire
Le Code général de la fonction publique impose que l’activité secondaire ne porte pas atteinte à l’indépendance ou à la neutralité du poste.
Certaines activités accessoires sont autorisées (enseignement, aide à domicile…). L’accord de la hiérarchie est obligatoire.
✔ Si vous exercez une profession libérale
- Pour les professions réglementées (avocat, notaire, architecte…), il faut respecter les règles de l’ordre professionnel.
- Pour les autres, attention aux plafonds de chiffre d’affaires et aux taux de cotisations.
Votre patrimoine est-il protégé ?
Oui. Le micro-entrepreneur dispose de deux patrimoines distincts : personnel et professionnel. En cas de dettes liées à l’activité, seuls les biens utiles à l’activité professionnelle peuvent être saisis.
👉 Il est vivement conseillé d’ouvrir un compte bancaire dédié pour séparer les flux financiers.
Attention toutefois : en cas de prêt bancaire, l’établissement peut demander une caution personnelle.
Comment créer sa micro-entreprise ?
L’immatriculation se fait via le guichet unique de l’Institut National de la propriété industrielle (INPI).
- Aucune lourde formalité administrative
- Pas d’assujettissement à la TVA jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires annuel
- Cotisations sociales prélevées par l’URSSAF selon l’activité
Plafonds à respecter :
- 77 700 € pour les prestations de services
- 188 700 € pour la vente de marchandises
Au-delà, il faudra créer une autre forme d’entreprise.
Organisation : les bonnes pratiques
Pour démarrer sereinement :
- Privilégier une néobanque (frais réduits, mais crédit rarement autorisé)
- Disposer d’un email et d’un téléphone dédiés
- Informer son assureur si l’activité s’exerce à domicile
- Vérifier la couverture du véhicule utilisé à titre professionnel
Retraite : quels droits ?
Le micro-entrepreneur cotise à la retraite de base et, selon les cas, à une caisse complémentaire.
Un retraité ayant cotisé au moins cinq ans via sa micro-entreprise peut liquider ces droits et cumuler une pension supplémentaire.
Avant de vous lancer : posez-vous les bonnes questions
✔ Étudiez votre marché pour éviter une concurrence frontale
✔ Analysez vos forces et vos faiblesses (temps, gestion, organisation)
✔ Formez-vous si nécessaire (comptabilité, gestion)
✔ Ne misez pas tout sur ce projet : il s’agit d’un revenu complémentaire, pas d’un enrichissement rapide
Faut-il sauter le pas ?
La micro-entreprise est idéale pour valoriser un talent, tester une reconversion ou préparer une transition professionnelle.
Dans le pire des cas, vous n’aurez rien gagné.
Dans le meilleur, vous aurez développé une activité rentable… voire amorcé un nouveau projet de vie.

