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Données personnelles : attention aux applications trop curieuses

Nos smartphones sont devenus les principaux canaux du e-commerce mondial. Mais derrière les services pratiques qu’offrent les applications se cache une collecte massive de données personnelles, souvent méconnue des utilisateurs.

Si certaines informations collectées sont légitimes (géolocalisation pour un GPS, accès aux photos pour une application de retouche), d’autres alimentent un marché très lucratif : celui des courtiers en données (“data brokers”). Via des traqueurs intégrés aux applications, ces intermédiaires récupèrent et agrègent des millions de données pour établir des profils consommateurs revendus à des régies publicitaires.

Des profils ultra-précis

Les données collectées permettent de déduire bien plus que de simples préférences d’achat : niveau de vie, âge, habitudes quotidiennes, lieux fréquentés, relations sociales, opinions politiques ou intentions d’achat. Une enquête du journal Le Monde a montré qu’un courtier détenait les données de 47 millions de mobiles dans 137 pays, dont un million en France. Malgré l’anonymisation annoncée, il est souvent possible de réidentifier les personnes concernées.

Applications : toutes ne se valent pas

Certaines applications limitent volontairement les traqueurs, comme celles proposées par UFC-Que Choisir.

Mais d’autres multiplient les accès injustifiés :

  • Une application lampe torche demandant l’accès aux photos
  • Un lecteur PDF sollicitant les contacts
  • 80 % des applications collecteraient des données sans lien direct avec leur fonctionnalité

Des tests réalisés sur 50 applications montrent que seules 4 ne collectent aucune donnée, tandis que 12 peuvent être considérées comme particulièrement intrusives.

Comment limiter la collecte ?

Pour protéger ses données personnelles, quelques réflexes sont essentiels :

  • Vérifier les informations sur le traitement des données avant téléchargement (Play Store / App Store)
  • Refuser le “tout accepter” et limiter les partenaires publicitaires
  • Utiliser l’application Exodus Privacy pour identifier les traqueurs
  • Exercer ses droits via le site UFC-Que Choisir (information, accès, opposition, effacement, portabilité…)

Enfin, le cadre légal comme le Privacy Shield, censé encadrer les transferts de données vers les États-Unis, montre aujourd’hui ses limites.

Conclusion :
Nos données personnelles constituent une ressource économique majeure. Face à des applications parfois trop curieuses, vigilance, paramétrage et information restent nos meilleures protections.

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